
The Soul Trembles – Musée des beaux arts, Montréal
Après une première présentation au Mori Art Museum de Tokyo (2019) puis au Grand Palais, Paris (2024) ou encore à Munich et Milan, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a l’honneur d’accueillir, du 26 septembre 2026 au 14 février 2027, Les frémissements de l’âme, la plus importante exposition jamais consacrée à l’artiste japonaise Chiharu Shiota.


Couvrant plus de trente années de création et organisée en collaboration avec le Mori Art Museum à Tokyo, elle rend hommage à l’œuvre poétique et sensible de cette plasticienne de renommée mondiale, connue pour ses performances et ses installations immersives composées de fil rouge, noir ou blanc. Le MBAM sera la première étape nord-américaine de la tournée internationale de l’exposition.
Depuis le milieu des années 1990, Chiharu Shiota s’impose comme une figure majeure de l’art contemporain international. Son œuvre se distingue par un langage plastique tout à fait singulier, fondé sur l’enchevêtrement de fils et la charge symbolique des objets. L’exposition propose une exploration sensible de l’univers de l’artiste en réunissant huit installations monumentales, des sculptures, des photographies, des dessins, des vidéos de performance et des documents d’archives liés à ses projets de mise en scène. Après Turin, Paris, Jakarta, Shanghai et Taipei, entre autres, le MBAM sera la dixième institution muséale à présenter Les frémissements de l’âme.
Les installations immersives de Chiharu Shiota occuperont les grandes salles du pavillon Michal et Renata Hornstein. Conçues en fonction des lieux qu’elles doivent habiter, elles sont tissées à la main, in situ, selon un processus performatif, répétitif et méditatif. Tel un dessin dans l’espace, les toiles qu’elles forment « renaissent » à chaque présentation. Elles incarnent la nature impermanente de l’existence, notion au cœur de la démarche de l’artiste. L’exposition sera installée par l’équipe de Chiharu Shiota, avec l’aide d’une équipe de soutien. Celle-ci comprendra des étudiants et étudiantes en beaux-arts de l’Université Concordia.

Le parcours s’ouvrira sur une chronologie de la carrière de Shiota. Ici, des tableaux, des images de ses performances et installations, des vidéos et des dessins témoigneront de son évolution artistique et du caractère multiforme de sa pratique.
La deuxième salle présentera plusieurs corpus, dont Hors de mon corps (2019), une œuvre profondément personnelle que Shiota a réalisée après avoir reçu un second diagnostic de cancer en 2017. Il s’agit d’une installation suspendue composée de lanières de cuir rouge et de moulages en bronze de ses membres. Avec ce corps désassemblé qui gardera la trace de son existence, elle espère laisser derrière elle une empreinte indélébile, un souvenir qui lui survivra longtemps.
Il y aura aussi l’installation Relier les petits souvenirs (2019/2026), qui comprend des objets miniatures amassés par l’artiste au fil des ans ou achetés dans les marchés aux puces de Berlin. En construisant un monde minuscule avec ces objets abandonnés, dont un grand nombre sont reliés par du fil rouge, Shiota fait allusion à la trame complexe qui nous rattache tous et toutes.
Occupant toute la salle suivante, située au centre de l’exposition, l’installation immersive et emblématique Voyage incertain (2016/2026), composée de six barques, proposera différentes options de parcours. Du fil rouge jaillira de l’armature des barques pour recouvrir une partie des murs de la salle et former une vaste canopée au plafond. La quatrième salle abritera Reflet de l’espace et du temps (2018) une structure métallique en hauteur qui intègre des miroirs et deux robes blanches suspendues, enveloppées par une toile de fil noir. Les visiteurs et visiteuses deviendront partie intégrante de l’installation lorsque les miroirs leur renverront leur propre réflexion.
Enfin, la dernière salle contiendra En silence (2002/2026), une installation immersive composée de fil noir, d’un piano et de chaises. Cette œuvre est inspirée d’un souvenir d’enfance qui est resté gravé dans la mémoire de l’artiste : la découverte d’un piano brûlé devant la maison d’un voisin après un incendie. Bien qu’il eût perdu sa fonction et sa capacité à produire des sons, l’instrument avait, à ses yeux, conservé toute sa beauté. Souvent confrontée à la fragilité de la vie, Shiota espère ici nous faire ressentir les frémissements de son âme pour nous rappeler notre propre vulnérabilité.
– Musée des beaux-arts de Montréal.
Commissariat : Mami Kataoka, directrice du Mori Art Museum à Tokyo et Iris Amizlev, conservatrice des projets spéciaux au MBAM pour la présentation montréalaise.
Une exposition organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal et le Mori Art Museum, à Tokyo

Née à Osaka au Japon en 1972, Chiharu Shiota vit et travaille à Berlin depuis 1997. Usant de fils tissés, l’artiste combine performances, art corporel et installations dans un processus qui place en son centre le corps. Sa pratique artistique protéiforme explore les notions de temporalité, de mouvement, de mémoire et de rêve et requièrent l’implication à la fois mentale et corporelle du spectateur. Ces dernières années, Chiharu Shiota a été exposée à travers le monde, notamment au P.S.1 Contemporary Art Center, New York (2003), au New Museum of Jakarta, Indonésie, au SCAD Museum of Art, États-Unis (2017), au K21 Kunstsammlung NRW, Düsseldorf (2014), au Smithsonian, Washington DC (2014) et au Kochi Museum of Art, Japon (2013). En 2015, Chiharu Shiota a représenté le Japon à la Biennale de Venise avec son installation The Key in the Hand. En 2018, elle expose au Museum of Kyoto; et en 2019 exposa au Mori Art Museum de Tokyo à travers une exposition illuminant toute l'oeuvre de l'artiste.