
Carte blanche Jeanne Vicerial : INCARNATION – Musée du Pavillon de Vendôme et des Tapisseries / Chapelle de la Visitation / Musée Granet, Aix-en-Provence
Du samedi 13 juin au dimanche 4 octobre 2026, dans le cadre de la Biennale d’Aix, carte blanche est donnée à Jeanne Vicerial à travers une exposition-parcours au cœur d’Aix-en-Provence.


Incarnation – Carte Blanche à Jeanne Vicerial relie le Musée du Pavillon de Vendôme, le Musée des Tapisseries, la Chapelle de la Visitation et la galerie des sculptures du Musée Granet, permettant ainsi au public de découvrir les différentes approches de l’œuvre de l’artiste.
Christel Pélissier-Roy, directrice des Musées d’Art et d’Histoire – Musées du Pavillon de Vendôme, des Tapisseries et du Vieil Aix – invite régulièrement des artistes contemporains à investir ces lieux et puiser dans leurs fonds. Ils reprennent ainsi vie, sous leurs regards, en offrant une nouvelle lecture. Les collections sont bien vivantes, les œuvres anciennes et contemporaines se répondent, dialoguent et se dévoilent les unes les autres.
Le textile occupe une place centrale dans l’œuvre de Jeanne Vicerial, matériau à la fois intime et universel, il entretient avec le corps un dialogue constant : il vêt, protège, enveloppe, révèle ou dissimule. Mais au-delà de ses fonctions pratiques, le textile porte en lui une mémoire, celle des gestes, des usages, des traces laissées par les corps qui l’ont porté ou transformé. Il devient ainsi le témoin silencieux de présences passées, le support d’une histoire à la fois individuelle, intime et collective. Les sculptures deviennent des sortes de corps possibles ou des traces de vies visibles et invisibles.
Explorant le corps féminin et sa place dans l’histoire et s’intéressant aux objets de transition liés au transcendant, elle inscrit ses figures dans un temps étendu, entre passé et futur.
L’incarnation ne se contente pas de matérialiser une présence ; elle s’inscrit dans un équilibre fragile entre présence et absence, entre densité de la matière et fugacité de l’apparition. C’est dans cet équilibre, entre le palpable et l’évanescent, que l’incarnation trouve sa force. Elle ne se limite ni à l’un ni à l’autre, mais se joue dans l’espace qui les relie.

Résidente à l’Académie de France – Villa Médicis à Rome en 2019-2020 – Jeanne Vicerial s’engage alors dans une pratique artistique singulière associant sculptures vestimentaires et textiles, mais aussi musique, performance, film, dans une démarche la plus souvent collaborative. Cette carte blanche en sera une belle illustration, réunissant des collaborations avec des artistes et créateurs venus d’horizons variés : la photographe Leslie Moquin, la réalisatrice Louise Ernandez, le sculpteur Ivan Le Pays, le directeur artistique de la Maison Lesage – le19M Hubert Barrère ou encore la philosophe Claire Marin…
L’exposition s’organise comme une traversée de plusieurs espaces complémentaires, chacun explorant une dimension différente de cette idée d’incarnation. Le Musée du Pavillon de Vendôme est pensé tel un atelier, un espace de travail, de recherche et d’expérimentation que l’on visite comme une maison habitée par le processus de création. Le Musée des Tapisseries sera le lieu dédié aux métiers de la couture avec un espace consacré à l’opéra-ballet Atys, la tragédie lyrique de Jean- Baptiste Lully mis en scène et chorégraphié par Angelin Preljocaj pour lequel Jeanne Vicerial a créé les costumes. La Chapelle de la Visitation devient un espace immersif, où les œuvres se rassemblent dans une forme de procession. Enfin, au Musée Granet, l’intervention se manifeste ici plus discrètement par touches, quelques sculptures installées dans la galerie des sculptures, ainsi que par des bustes féminins en bronze. Un travail photographique réalisé avec la photographe Leslie Moquin à la Villa Médicis viendra également interroger les relations entre les corps et les sculptures.
Cette exposition exceptionnelle réunit des œuvres prêtées de collections privées et publiques ainsi que des œuvres créées par l’artiste spécifiquement pour l’exposition.




Née en 1991, Jeanne Vicerial vit et travaille dans le Jura. Après des études de costumière puis un Master en Design vêtement à l’École des Arts Décoratifs de Paris en 2015, elle devient en 2019 titulaire d’un doctorat SACRe (Sciences, Arts, Création, Recherche), la première en France. Elle approfondit cette recherche en questionnant la dichotomie prêt-à-porter/sur-mesure et s’engage parallèlement dans une démarche artistique qui la pousse à fonder le studio de recherche et de création Clinique vestimentaire. Au-delà de ses créations personnelles, elle initie de nombreuses collaborations avec des artistes d’horizons divers. Ses oeuvres ont notamment été exposées au Palais de Tokyo à Paris (2018) à Rome (Villa Médicis et Palais Farnèse, 2020), à la Collection Lambert en Avignon (2021), aux Magasins Généraux à Pantin (2021), à la Basilique Saint-Denis (2022) et ont récemment intégré la collection du Cnap (Centre national des arts plastiques) et du FRAC Auvergne. En 2024, elle était invitée à exposer en dialogue avec les toiles de Pierre Soulages au Musée Soulages de Rodez.
Jeanne Vicerial a participé à plusieurs expositions collectives, au Maximiliansforum, Munich (2022), à la Fondation Martell, Cognac (2022), au Ballroom Project, Anvers (2022), à Maison Guerlain, Paris (2022), au Musée International des Arts Modestes à Sète (2023), à la fondation Lafayette Anticipations (2023), au FRAC Auvergne (2023), au Musée Bargoin, Clermont-Ferrand (2023) et à la Triennale de Nîmes (2024).