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Pour la toute première fois, Oda Jaune exposera des sculptures de porcelaine, une pratique artistique qu’elle expérimente depuis 2016. Ces pièces inédites dialogueront avec une dizaine de nouveaux tableaux en un ensemble complexe qui réinterprète et fait évoluer les obsessions chères à Oda Jaune : le corps comme territoire de la métamorphose, les surgissements de l’inconscient.



Nourri de poésie, de culture cinématographique et médiatique autant que de l’histoire de l’art, l’univers étrange d’Oda Jaune s’attache à ‘tout ce qui ne doit pas se dire de l’intime et du monde social’1. Par sa peinture, Oda Jaune s’empare de l’imagerie contemporaine pour soulever les masques sociaux et explorer les visions – oubliées, censurées, désirées – qu’ils occultent. A travers des associations inattendues, l’artiste s’émancipe des traditions picturales autant que de l’autobiographie.
Sculptrice, Oda Jaune parvient, dans la délicatesse du biscuit de porcelaine, à produire l’effet sensuel de la chair et de ses ‘ondulations infinies’2 qui fascinaient Auguste Rodin. Dans un jeu avec le blanc, ‘le nuage, l’ombre et la lumière’, l’artiste jette le trouble avec ses fragments de corps métamorphosés qui donnent forme à des ‘scènes secrètes’ dans la lignée de Hans Bellmer et de Louise Bourgeois.



Née à Sofia, en Bulgarie, en 1979, Oda Jaune étudie à la Kunstakademie de Düsseldorf avant de développer une pratique interdisciplinaire qui embrasse la peinture, la sculpture et l’installation. Elle vit et travaille entre Londres, Paris et la Bulgarie.
L’œuvre d’Oda Jaune est animée par une réflexion constante sur l’instabilité du réel et le potentiel de transformation des formes. Plutôt que de représenter le monde visible, elle élabore de nouveaux modes d’existence où les frontières entre le corps et l’objet, l’organique et l’artificiel, l’attirance et l’inquiétante étrangeté se dissolvent. Ses œuvres proposent une anatomie élargie du vivant, dans laquelle les objets acquièrent une corporéité, les corps se fondent dans le paysage et des organismes inédits surgissent avec une troublante familiarité.
Si la peinture demeure au cœur de sa pratique, la sculpture occupe une place de plus en plus importante dans sa recherche. Travaillant le bronze, la céramique ou encore le verre soufflé, Oda Jaune explore les propriétés physiques autant que métaphysiques de la matière.
Sans se rattacher à un mouvement ou à une tradition particulière, Oda Jaune a développé un langage visuel singulier où la beauté et l’étrangeté coexistent, et où l’imagination n’apparaît pas comme une échappatoire au réel, mais comme une force capable d’engendrer de nouvelles réalités.