Jan Van Imschoot

La présentation des Absents

Après l’exposition de 2020 Le bouillon de onze heures, hommage au néerlandais Willem Claeszoon Heda, le peintre flamand Jan Van Imschoot, dévoile le deuxième volet d’une trilogie consacrée aux grands maîtres de la peinture occidentale. Avec La présentation des absents, l’artiste confronte son imaginaire à celui qu’il considère comme le grand maître de la peinture moderne française : Édouard Manet.

Jan Van Imschoot – La présentation des absents, TEMPLON Paris, 2021
Jan Van Imschoot – La présentation des absents, TEMPLON Paris, 2021

Avant tout, Van Imschoot souhaitait saluer la profonde connaissance de Manet de l’école traditionnelle du Nord et son admiration pour la peinture flamande, peut-être catalysée par sa relation avec la pianiste néerlandaise Suzanne Leenhoff, qui deviendra sa femme. Van Imschoot a entrepris d’étudier la langue de Manet comme on apprendrait celle de Shakespeare, et s’est particulièrement attardé sur sa palette intrigante qui oscille inlassablement entre « le noir de l’Inquisition » et « l’insaisissable gris hollandais religieux ».

Dans L’échange des bêtises, la présentation des absents, ou L’empire se trompe, on retrouve en filigrane les mises en scènes du moderniste, du Déjeuner sur L’herbe au bar aux Folies Bergère, ou encore aux séries de marines et de natures mortes aux asperges.

Comme toujours chez Van Imschoot, la peinture devient un terrain de jeux propice à une réflexion sur la relation triangulaire entre trois de ses plus grandes passions : l’art, le langage et la vérité. Les bateaux-mouches de la ville lumière sont représentés en insectes éponymes dans Le pari de Paris ; alors que quelques « Trahisons des Images » de Magritte réinvestissent la surface des fameux paresseux heureux.

Pour Van Imschoot, la beauté de l’art pictural réside en ce que lui seul peut faire éclater les codes du langage et de la vérité. « Qu’est ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est pensé et qu’est-ce qui est rêvé ? Autant de questions qui me confirment que la réalité et la vérité n’ont rien à faire dans l’art. Le rapport qu’entretiennent la langue et l’image reste un territoire ouvert ; les mots y rencontrent leurs propres limites, alors que l’art, tel un oiseau, le survole en toute liberté. »

La présentation des absents

Détails

L’artiste

Né à Gand en 1963, Jan Van Imschoot vit et travaille en France depuis 2013. Jan Van Imschoot explore les possibilités de la peinture, élaborant une œuvre à forte charge critique et dramatique avec de nombreuses références artistiques, du Tintoret à Luc Tuymans, en passant par Goya ou Matisse. Jan Van Imschoot installe ses personnages, décors et narrations dans les marges de l’Histoire, à coup de perspectives recomposées, de tons forcés, de corps en mouvement et d’un coup de pinceau qu’il qualifie d’ « anarcho-baroque ». Son travail explore les motifs de la liberté, de la censure et de la violence des systèmes politiques ou idéologiques.

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