Jean-Michel Alberola

Le roi de rien, la reine d’Angleterre et les autres

Inclassable, l’artiste Jean-Michel Alberola a conçu pour la galerie Templon une exposition protéiforme, « Le Roi de rien, la Reine d’Angleterre et les autres ». Toiles, sérigraphies, œuvres sur papiers et mur peint dessinent un parcours énigmatique et engagé, où s’entremêlent fragments figuratifs, éléments abstraits, évocations littéraires et musicales.

Jean-Michel Alberola – Le roi de rien, la reine d’Angleterre et les autres, TEMPLON Paris, 2021
Jean-Michel Alberola – Le roi de rien, la reine d’Angleterre et les autres, TEMPLON Paris, 2021

Donnant son titre à l’ensemble, on retrouve les « roi de rien », série débutée il y a une quinzaine d’années où l’artiste décline inlassablement un mystérieux portrait aux pieds nus. En contrepoint, de subtils monochromes « aux couleurs » de la reine Elisabeth II leur répondent. A la manière de rébus philosophiques, ces œuvres s’interrogent sur la question du pouvoir, la dichotomie entre réalité et apparence, fonction et représentation.

Réflexion sur les défis posés au peintre, le rôle de l’artiste dans la société et les fins de l’art, l’œuvre d’Alberola procède par associations picturales et sémantiques. La figure de Kafka affleure avec une série sur les différents lieux traversés par l’écrivain.

La musique, omniprésente, s’incarne dans des peintures hommage à son panthéon personnel, du mythique groupe californien Grateful Dead au tube « Gimme Shelter » des Rolling Stones. Enfin, comme en écho à ces « révolutionnaires » musicaux, Jean-Michel Alberola déroule des œuvres clin d’oeil aux maîtres de l’art américain de De Kooning à Robert Rauschenberg.

Comme toujours, il s’agit pour l’artiste de raconter des histoires, le synchrétisme nécessaire d’une œuvre et ses filiations intellectuelles. Comme cet artiste secret le livrait en 2019 dans un de ses rares entretiens « Tout le temps, je raconte des histoires, dans la vie, dans les tableaux. Je ne fais que ça, raconter des histoires. De toute façon la peinture a toujours raconté des histoires, que ce soit Poussin, Vélasquez ou Mondrian, on raconte des histoires. Tout ce qu’on fait c’est autobiographique, donc c’est notre histoire. Ce qu’on fait parle du monde, on raconte le monde tel qu’on le voit. L’art n’échappe pas à ça. »

L’étoile rouge (TATLIN), Chapitre 1

Détails

L’artiste

Né en 1953 à Saïda en Algérie, Jean-Michel Alberola vit et travaille à Paris. Depuis trente ans, il produit une œuvre protéiforme entre figuration, abstraction et art conceptuel. Gouaches, néons, sculptures, livres d’artistes ou films sont les différentes facettes d’un travail qui interroge la fragilité de la beauté, l’ambiguïté du regard, le rôle de l’artiste et les fins de l’art. Avec humour et poésie, l’artiste engagé mêle aux réflexions artistiques des questionnements politiques et sociaux. 

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