Abdelkader Benchamma

COMMISSION — Commande du nouveau plafond de la Ballroom

A l’issue d’une sélection menée par un jury, Abdelkader Benchamma a été retenu pour concevoir le nouveau plafond de la Ballroom de la Villa Albertine, inscrivant son oeuvre au coeur d’un lieu majeur du dialogue culturel franco-américain.

La Villa Albertine, l’Institut français pour la culture et l’éducation de l’Ambassade de France aux États-Unis, annonce la sélection d’Abdelkader Benchamma pour concevoir une oeuvre monumentale destinée au plafond de sa Ballroom, l’un des espaces les plus emblématiques de la Payne Whitney Mansion, siège new-yorkais de l’institution, qui accueille chaque année de très nombreux évènements culturels, intellectuels et diplomatiques. Cette commande s’inscrit dans l’engagement de la Villa Albertine en faveur du dialogue entre patrimoine et création contemporaine. En invitant des artistes à intervenir dans son siège historique, l’institution poursuit sa mission : faire vivre ce lieu exceptionnel tout en l’inscrivant dans les enjeux artistiques de notre époque.

En confiant à Abdelkader Benchamma la transformation du plafond de sa Ballroom, la Villa Albertine ouvre un nouveau chapitre dans la réinvention de la Payne Whitney Mansion, dans le respect de son héritage architectural et de son histoire.

Certains éléments figuratifs seront réalisés en collaboration ponctuelle avec l’artiste américain Raymond Pettibon, dans le prolongement des dessins à quatre mains développés depuis 2019, inscrivant le projet dans un dialogue artistique franco-américain inédit.

Figure majeure du dessin contemporain américain, Raymond Pettibon est connu pour ses dessins à l’encre mêlant culture punk, littérature, histoire, iconographie populaire et contre-culture américaine, dans un langage à la fois érudit, ironique et profondément libre. Ses dessins habités par les grands mythes américains, jouent subtilement avec nos imaginaires contemporains.

« Stella Terrea est une vaste fresque en perpétuel mouvement. Elle est à la fois dynamique par sa réalisation in situ, en dialogue avec les échelles et les tensions du lieu mais apparemment immobile par la finesse de son exécution : une invitation à la contemplation.

Son nom renvoie à une mystérieuse substance parfois observée après des chutes de météorites. La gelée stellaire, aussi appelée astromyxine ou « étoile de la terre », est entourée de mythes et d’interprétations contradictoires, comme si le céleste ne pouvait jamais être totalement circonscrit, expliqué ou contenu. De cette idée naît l’installation : réintroduire une force poétique dans le ciel, à une époque où l’espace tend à devenir un territoire à contrôler, exploiter et coloniser.

Le projet réenchantera le plafond de la Ballroom en convoquant des imaginaires issus de l’histoire des représentations célestes et cosmologiques, des plafonds peints aux cartes du ciel. Il dialogue notamment avec le disque de Nebra (vers 1600 av. J.-C.), l’une des plus anciennes représentations célestes connues, et la carte céleste de Dunhuang (VIIe siècle), qui recense plus de 1 300 étoiles.

La fresque place au centre une histoire essentielle : celle de la relation de l’humanité au ciel, entre observation, savoir et récits imaginaires. Elle s’inscrit dans une continuité de formes de représentation du cosmos, tout en en proposant une lecture contemporaine. Il s’agit ainsi d’une survivance : celle d’une humanité qui observe, interprète et se projette vers les cieux. »

– Abdelkader Benchamma

Cette commande a été rendue possible grâce au soutien exceptionnel de la Fondation Sisley-d’Ornano, ainsi qu’à la générosité de French Heritage Society et d’Ann et Bill Van Ness.

Le projet a été développé en étroite collaboration avec le Centre national des arts plastiques (Cnap), acteur majeur du soutien à la création contemporaine et de la commande publique en France. L’appel à candidatures a reçu 225 propositions, témoignant du dynamisme et de la diversité de la scène artistique contemporaine française.

La commande du plafond de la Ballroom marque une nouvelle étape dans la transformation du siège historique de la Villa Albertine à New York. La Ballroom, majestueux espace de réception surplombant la Cinquième Avenue, est le coeur battant de l’institution, qui accueille chaque année des événements artistiques, intellectuels et diplomatiques majeurs. Après la création de l’Atelier par Hugo Toro et de la librairie Albertine par Jacques Garcia, cette intervention prolonge le dialogue engagé entre création contemporaine et patrimoine architectural.

L’oeuvre sera dévoilée en septembre 2026. Cette nouvelle commande viendra enrichir la mission de la Villa Albertine : favoriser les échanges entre les États- Unis, la France et le monde francophone à travers la création contemporaine.

L’artiste

Né en 1975 à Mazamet (France), Abdelkader Benchamma vit et travaille à Paris et Montpellier.
Diplômé des Beaux-Arts de Montpellier et de l’École des Beaux-Arts de Paris, il a choisi le dessin comme medium de prédilection.
Nourris de littérature, de philosophie et d’astrophysique, ses installations dessinées remettent continuellement en question les lieux d’expositions, devenant, pour reprendre ses mots, des « espaces de résonance », propices à la convocation de mémoires, autant individuelles que collectives, géologiques que spirituelles.
Ses vastes fresques éphémères sont réalisées directement à l’encre sur les murs, transformant les architectures en un ailleurs, un monde de flux et de paysages mentaux, entre le reconnaissable et l’indiscernable, à la frontière entre le physique et le symbolique. Réflexion sur les ressorts de la perception, ses œuvres explorent nos systèmes de connaissance, la survivance des mythes et des croyances, mais aussi les réminiscences, persistances rétiniennes ou neuronales que ce soit sur les murs des musées ou sur des feuilles de papier.

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