Les quatre éléments: l'eau

Les quatre éléments: l'eau
8 juin > 8 juillet 1967
Paris - Rue Bonaparte


Sélection d'œuvres
Communiqué de presse



LES QUATRE ELEMENTS : L’EAU



8 juin – 8 juillet 1967

L’eau
Gilbert Gatellier: extrait du texte de l’invitation, février 1967

L’artiste est toujours vaincu quand il prétend rivaliser avec la totalité du cosmos : « Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! » Son succès est dérisoire s’il ne retient des choses que leur pittoresque extérieur ou les canons d’une stylisation desséchée.
    L’impressionnisme a en quelque sorte commencé à sérier les problèmes de la représentation. Il s’est attaché à la dynamique élémentaire la plus directement sensible, celle de la lumière dont il fait vibrer les composantes chromatiques dans la transparence de l’espace, une lumière transmuée en peinture.
    La structure terrienne est peu abordée et l’eau en reste au miroitement gracieux… Jusqu’aux Nymphéas où eau et végétation deviennent pour l’homme le milieu d’une fusion, la matière d’une rêverie qui plonge ses racines dans une symbolique immémoriale.
Par étapes successives, tout un versant de l’art abstrait s’est fait, en convergence avec la science, le sourcier des rythmes essentiels. Rythmes de l’être, rythme des éléments tels que l’être le saisit pour y puiser un supplément de vie, s’y contempler, se retrouver lui-même. […]
Sur la surface de l’eau, l’homme mire aussi bien l’image de l’univers que la sienne propre ; la vision se répercute, enrichie d’échos qui en multiplient la signification. […]
Ces images profondes qui unissent l’être au cosmos à travers l’intime sentiment vital, le peintre les retrouve dans l’intuition de son ouvrage, et d’abord dans le dialogue qu’il mène avec l’onctuosité ou la liquidité de la pâte, ce limon né du mariage de l’eau et de la terre, du médium et des pigments. Travaillée de l’intérieur, traitée comme une matière vivante, la pâte répétera d’autres genèses : sous la caresse formelle d’une simple visualisation  décorative, elle perd sa chance d’authenticité.
    De la même manière, l’homologie picturale gagne à s’appuyer sur la créativité subconsciente. Les visions les plus fortes naissent en deçà de la pensée réfléchie qui les organise : l’artiste cesse d’être un imitateur, il devient le médium et le résonateur du monde.




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