Jitish Kallat

Echo Verse
19 mars - 7 mai 2022
Paris - Beaubourg


Sélection d'œuvres
Communiqué de presse -
Vidéo



Jitish Kallat revient à Paris avec Echo Verse, une exposition ambitieuse conçue comme un système complexe de signes et de conjectures reliant références artistiques, historiques et scientifiques. Célèbre pour son langage à la fois conceptuel et poétique, Jitish Kallat métamorphose l’espace de la galerie Beaubourg avec un parcours explorant le passage du temps et les notions de fugacité, d’évolution ou d’entropie.

Jitish Kallat joue des échelles et des distances pour offrir un ensemble de propositions sensorielles et spéculatives qui tissent des liens inattendus entre réalité quotidienne et cosmique. L’exposition s’ouvre ainsi sur Elicitation # 1 (Terraunum Nuncius) composé d’images empruntées au fameux disque d’or des missions Voyager de la NASA en 1977. Ces images – des enfants jouant avec un globe terrestre miniature, une femme goûtant une glace, un homme mangeant un sandwich – ont été conçues comme un résumé de la vie humaine destiné à une intelligence extraterrestre. Ces images liminaires de consommation et de surveillance de la planète peuvent être lues comme une invitation indirecte à la réflexion.

Transposant son carnet intime en un format mural immersif, Integer Study (drawing from life) est un répertoire de formes et de chiffres qui se déploie sur toute la surface de la galerie. Depuis le début de l'année 2021, l’artiste explore le temps présent à travers un décompte quotidien de la population mondiale. Le visiteur découvre ainsi 365 dessins, présentant chacun un décompte des naissances et des décès qui se sont succédés jusqu'à une heure donnée de la journée, estimés au moyen d’un algorithme. Par ses tracés minutieux au graphite et à l'aquarelle ainsi que des taches de plâtre, l'abstraction picturale de Kallat contraste avec la précision des données qu'elle met en scène, dessinant une triangulation de la vie par la cartographie de la naissance, de la mort et du temps. Ces interrogations existentielles se muent en questions écologiques, alliant réflexion sur le climat, l'extinction, l'évolution et la décadence.

Au centre de l’espace se tiennent quatre nouvelles œuvres photographiques à double face, Epicycles (2020-21), dont la genèse remonte aux premiers mois de la pandémie. Des marqueurs usuels du changement - une tige tombée, une fissure dans un mur ou une abstraction sous une chaise – répondent à des images tirées de l'exposition culte Family of Man, organisée au MoMA (New York) par le photographe Edward Steichen en 1955. A cette occasion, des centaines d'images furent recueillies auprès de photographes du monde entier, à la recherche d'une "déclaration de solidarité mondiale" dans la décennie qui suivit la Seconde Guerre mondiale. En mêlant ces images intimes prises dans son studio à un instantané du visage de l'humanité à une époque et dans un lieu éloigné, Jitish Kallat dresse un portrait hybride du temps passé, de la fugacité et de la disparition. Ces images lenticulaires créent une illusion de profondeur, apparaissant et disparaissant selon les mouvements de l’observateur.

Une seconde « élicitation » ponctue le parcours : Elicitation #2 (Cassiopée A) est une visualisation tridimensionnelle des débris d’une explosion stellaire survenue à 11 000 années-lumière de la Terre. Bien que cette étoile, le plus jeune vestige de supernova connu dans notre galaxie, ait explosé il y a 11 000 ans, sa lumière n’a atteint la Terre qu’à la fin du XVIIe siècle. Le prototype exposé a été produit à partir de fichiers de la NASA modélisés depuis les données du télescope Sptizer, et peut être envisagé comme une invitation à partir à la rencontre de ces concepts plutôt que comme une œuvre sculpturale à part entière. Les Elicitations deviennent des haltes dans notre flux de pensée, des instants pour réfléchir à l'entrelacement complexe de l'immédiat et du cosmique, du passé et du présent ; un motif récurrent dans la pratique de Jitish Kallat.





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