
Celestialand
L’artiste chilien Iván Navarro revient dans sa base new-yorkaise après cinq ans d’exploration approfondie, d’exposition mondiale et d’isolement pandémique, pour dévoiler un nouveau corpus d’œuvres contemplatives mais passionnées pour la deuxième exposition de Templon New York.
« Ces merveilles astrales font partie intégrante de toutes les civilisations. Depuis des temps immémoriaux, les humains ont voulu domestiquer ou étiqueter ce qui ne leur appartient pas : les étoiles et les planètes en sont l’exemple le plus évident. »
Iván Navarro, 2022

Parallèlement à ses œuvres peintes, Navarro expose deux nouvelles sculptures en néon, composées des noms interconnectés des continents de la terre et des constellations du zodiaque. Les œuvres révèlent l’absurdité inhérente de la poursuite du contrôle ou de la possession, qu’elle soit réelle ou symbolique.
La salle du sous-sol, plongée dans une obscurité quasi totale, abrite une grande installation au sol. ”Flat Lands” est une autre représentation abstraite du monde. C’est un calcul mathématique exact entre une simple carte et un cube : tout s’inscrit parfaitement dans une grille tridimensionnelle. C’est l’image d’une technologie idéale qui pourrait contrôler et réorganiser le territoire (comme la plupart des représentations du territoire). La dernière œuvre est consacrée à une vidéo poignante de l’artiste, intitulée ”UFO”. Il présente un mystérieux objet volant errant dans le ciel du désert d’Atacama à la recherche d’une terre promise.


Né en 1972 à Santiago, Iván Navarro a grandi sous la dictature de Pinochet. Il vit et travaille à New York depuis 1997. L’artiste utilise la lumière comme matériau de base, détournant des objets en sculptures électriques et transformant l’espace par des jeux d’optique. Au-delà de son aspect ludique, son œuvre est hantée par les questions de pouvoir, de contrôle et d’emprisonnement. Toujours présent en filigrane, le détournement de l’esthétique minimaliste devient le prétexte d’une subtile critique politique et sociale.