
The Kenwood Series
Pour ouvrir la saison 2026-2027, Templon consacre une exposition exceptionnelle au sculpteur britannique Sir Anthony Caro, réunissant pour la première fois à Paris un ensemble d’oeuvres de The Kenwood Series (2003-2004), une série majeure jusqu’ici rarement présentée en Europe.

Anthony Caro est l’un des plus importants sculpteurs de la seconde moitié du vingtième siècle. Dans les années 1960, il renouvelle profondément le langage sculptural en abandonnant notamment le socle traditionnel pour installer ses œuvres directement au sol.
Tout au long de sa carrière, il explore une grande variété de matériaux et de formes, faisant évoluer son œuvre d’une abstraction radicale vers des recherches plus narratives et figuratives.
À la fin des années 1990, après plusieurs décennies d’exploration de l’abstraction, Anthony Caro amorce de nouvelles recherches, dont The Kenwood Series constitue l’une des expressions les plus abouties. En 2003, Anthony Caro entreprend un séjour auprès du maître céramiste allemand Hans Spinner, près de Grasse. Cette collaboration marque une inflexion décisive dans son travail : le grès dialogue désormais avec l’acier, matériau emblématique de son œuvre.
Les treize œuvres exposées rue du Grenier Saint-Lazare, associent grès, pierre et acier. Elles laissent apparaitre des allusions au corps et aux paysages, témoignant de l’intérêt croissant d’Anthony Caro pour la figuration et la narration à cette période. Pour Caro, ce passage à la figuration est né d’un sentiment de « l’ici et maintenant » ; il ressentait le « besoin de figures et de ‘choses’ réelles » à mesure que son référentiel visuel était envahi par des images de guerre (et leurs conséquences) au Kosovo, en Afghanistan et en Irak. C’est à partir de ce moment là que Caro a commencé à s’impliquer dans des mouvements anti-guerre.
Le titre de la série renvoie à Kenwood House, demeure historique londonienne où Anthony Caro exposa pour la première fois ces sculptures. Cette confrontation avec une architecture patrimoniale témoigne de son questionnement de longue date sur les relations entre sculpture, espace et paysage. Caro a réalisé sa dernière commande architecturale majeure avec la Chapelle de Lumière (2008), Bourbourg, en employant les mêmes matériaux : l’acier, le grès et la pierre ; un projet bâti par l’emploi du même language émotionnel que celui développé par Caro avec The Kenwood Series.
Witness (2003-2004), pièce maitresse de l’exposition, en est l’exemple le plus spectaculaire. Sculpture monumentale de 2m80 par 2m20, elle semble surgir du sol et s’impose face aux visiteurs. « Elle s’adresse à vous directement et personnellement », comme l’expliquait le maître. L’œuvre invite à s’arrêter pour la contempler, à en faire le tour et à éprouver physiquement son rapport à l’espace. Sans chercher à représenter un objet connu, elle crée une expérience spatiale et contemplative immédiate où l’équilibre entre échelle, présence du visiteur, espace et lumière devient une composante essentielle de l’œuvre.
The Kenwood Series apparait ainsi comme l’aboutissement de plusieurs décennies d’expérimentations, où abstraction, figuration, architecture et matière se rencontrent dans un langage sculptural d’une liberté exceptionnelle. Réunies aujourd’hui à Paris, ces œuvres offrent un aperçu rare des recherches récentes d’Anthony Caro.



Né en 1924 à New Malden en Angleterre, Sir Anthony Caro est décédé en 2013. Considéré comme l’un des plus grands sculpteurs britanniques de ces cinquante dernières années, Sir Anthony Caro a renouvelé les normes et les définitions mêmes de la sculpture, expérimentant une large variété de matériaux : sculpture faites de soudures ou d’assemblages métalliques, constructions de métal peint, “table-top pieces” en bronze. Son travail procède d’une exploration radicale de l’espace.