Robert Zakanitch

Oeuvres récentes
5 janvier > 6 février 1991
Paris - Beaubourg


Sélection d'œuvres
Communiqué de Presse




Robert S. Zakanitch

5 janvier – 6 février 1991

Dans toute l’histoire de l’art occidental, il y a eu seulement deux alternatives en peinture : le Réalisme ou l’Abstraction.
Aucune de ces deux directions artistiques ne m’intéresse à présent. Je désire atteindre une troisième alternative.
Le Réalisme, ce que j’appelle « le plus est plus » a pris fin avec Delacroix et Géricault, il y a à peu près 180 ans quand l’idée de platitude du « moins est plus » vit le jour.
Au début du XXème siècle, le concept de peinture réductrice aboutit logiquement au cubisme – approche systématique de la mise à plat. Kandinski en 1913, à partir de cette nouvelle démarche aboutit à l’abstraction pure. On peut dire alors sans risque que le souci principal de la peinture pendant presque 80 ans a été d’atteindre la Platitude/Abstraction.
Mon implication dans ce concept a cessé en 1978 par l’introduction de motifs ornementaux et décoratifs dans mon travail. J’ai été influencé principalement par les motifs des linoleums américains des années 50.
Cette nouvelle dynamique créa un paradoxe très excitant et surprenant. Ce n’était ni réaliste ni abstrait. C’était les deux.
De nouveaux types d’espaces commencèrent à apparaître dans mes peintures. Ceux-ci étaient pour moi les premiers pas vers une nouvelle alternative.
Abstraction/platitude/peinture réductrice/moins est plus, tout était fini et une sorte de peinture additive recommence mais cette fois sans préoccupation réaliste.
J’ai l’impression que ce concept, bien que submergé par la cupidité des années 80, n’a pas encore été pleinement exploré. Socialement et politiquement, des ramifications existent et vont très loin. Elles ont pour noms : Evolution/Révolution, Violence/Attention, Puissance/Délicatesse, Domination/Respect et bien sûr la sexualité pour n’en citer que quelque uns.
Visuellement, mon travail récent a changé même si en attitude il est resté le même. Il y a moins d’emphase dans l’abstraction mais plus d’implication pour parvenir à un rapport à l’objet référentiel et à une certaine rondeur des espaces. Mes tableaux font référence également aux objets ornementaux et décoratifs dans « Série Souvenirs ».
Mes œuvres parlent de volupté, de puissance et de sensualité de la peinture car par-dessus tout elles demeurent des peintures.

Robert S. Zakanitch
New York, novembre 1990