Mimmo Paladino

Sculptures
10 septembre > 15 octobre 1994
Paris - Beaubourg


Sélection d'œuvres
Communiqué de Presse




Mimmo Paladino : sculptures

10 septembre – 15 octobre 1994

Né en 1948 à Paduli dans la région de Benevento au sud de l’Italie, Mimmo Paladino n’a, depuis, jamais quitté cette région où il vit et travaille.
Il représente avec Sandro Chia, Francesco Clemente et Enzo Cucchi le courant artistique de la Trans-avant-garde italienne qui marque dès la fin des années 70, le retour de la peinture en Italie dans un mouvement généralisé en Europe et aux Etats-Unis.
En réaction à l’austérité et au dogmatisme de l’Art Minimal, de l’Art Conceptuel et de l’Arte Povera, Paladino renoue des liens avec l’histoire, en particulier avec celle de l’Italie du Sud. C’est dans cette région, chargée des traces des différentes invasions du bassin méditerranéen, qu’il puise son imaginaire visuel.
Se mêlent dans ses œuvres des références à l’art moderne aussi bien qu’au Quattrocento, à l’art byzantin, aux peintures rupestres africaines, aux mosaïques antiques et aux sculptures romanes.
Au sein de grandes étendues de couleurs denses et brillantes, typiques de la palette méditerranéenne, se dégage un monde onirique et inquiétant à la fois. La présence humaine y est privilégiée. Des têtes chauves et allongées, aux traits frustement dessinés, apparaissent, souvent coupées de leur corps, et flottent dans l’espace pictural.
Autour de ces visages impénétrables se détachent des signes mystérieux et des figures animales ou végétales, empruntés à la culture chrétienne et aux légendes animistes.
Résultat d’un véritable métissage culturel, l’œuvre de Paladino n’illustre pas une mythologie particulière, pas plus qu’elle ne narre une histoire personnelle. Elle ne contient que des allusions et des évocations. En ce sens, elle est plus musicale que littéraire.
Ce nomadisme se révèle aussi bien dans sa peinture que dans sa sculpture, fortement imprégnée de l’esprit des Chrétiens primitifs, des Etrusques et des Greco-Romains.
En bronze, en bois ou en pierre, elles témoignent de la capacité de Paladino à manier tous les matériaux.
Silhouettes immobiles et graves, elles ne dévoilent aucune émotion. De par leur absence d’expressivité et leur incommunicabilité, elles sont semblables à des masques. Sans revêtir le caractère sacré des icônes, elles s’élèvent pourtant avec une dignité et une sérénité qui imposent le respect et le silence.
C’est toute la richesse et la force de l’art de Paladino que l’on découvrira à nouveau à la Galerie Daniel Templon qui présentera un ensemble d’une douzaine de sculptures récentes.